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Télé participative & brainstorming : les étudiants investissent Citizen Tic

Découverte de l'Open plateauLe 31 janvier, une vingtaine d’étudiants de première année de Sciences Po Grenoble étaient invités au deuxième rendez-vous grenoblois de l’innovation sociale et numérique, dédié cette année à la cartographie participative.
Certains ont rejoint les brainstormings, d’autres se sont essayé au travail de reporter, carnet de notes et appareil photo en main. D’autres encore ont investi « l’Open plateau télé citoyen » mis en place pour l’occasion par le Troquet numérique.
Une première rencontre, pour la plupart d’entre eux, tant avec le numérique participatif qu’avec le journalisme. Voici leur travail et leurs retours…

Les étudiants de l’IEP à Citizen Tic

Retour sur CitizenTic #2, Les cartes changent la donne !

Pour la deuxième édition de CitizenTIC, organisée par la Scop La Péniche, la cartographie participative était à l’honneur. Le 31 janvier dernier, 70 personnes se sont ainsi réunies au Cnac le Magasin à Grenoble pour échanger, comprendre et inventer la contribution citoyenne avec OpenStreetMap.

 

tableronde

 

Après un rappel du programme de la journée, la table-ronde sur le thème « OpenStreetMap un bien commun local » a débuté, avec la présence de Guillaume Allègre (OSM Grenoble), Frédérick Petit (responsable du Système d’information de la Station Mobile), Lionel Faure (chargé de mission vélo Grenoble Alpes Métropole), et Michel Hébert (bénévole impliqué dans la communauté OSM). Ce premier temps d’échanges a permis aux 70 participants de découvrir et/ou de mieux connaître, l’application OpenStreetMap (plus communément appelé OSM).

De la définition d’OSM à son usage et à sa pertinence pour les citoyens, les collectivités ou encore les associations, les intervenants ont dressé un tableau plutôt complet des possibilités qu’offre cet outil.

Au delà de l’usage, les enjeux de ces pratiques participatives ont également soulevé les difficultés à libérer les données et l’utilisation qui pourrait en être faite pour les citoyens.

Plus pratiques, les deux ateliers qui ont suivi la table-ronde ont permis de se perfectionner à l’utilisation d’OSM (comment s’inscrire, les outils pour contribuer, les outils smartphone…) et de s’essayer à la création de sa propre carte (à partir d’une présentation de l’application UMap).

Après la pause déjeuner, les brainstormings ont laissé place à la créativité ! 3 ateliers étaient proposés pour travailler sur des cartorgraphies thématiques :

Le Troqu-et Numérique proposait pendant ce temps un open-plateau TV. Une pratique elle aussi participative qui permet à tous de s’emparer du sujet et des outils le temps d’une après-midi, un moyen original pour rendre compte de la journée. (Retrouvez très bientôt les vidéos du plateau !)

 

plateau

 

Une journée qui a semblé répondre aux attentes de la plupart des participants ! Pour celles et ceux qui souhaiteraient réviser ou en savoir plus, voici quelques explications supplémentaires :

Tous savoir sur OpenStreetMap : Le wiki d’OSM
Comment contribuer sur OSM : OSM pour les débutants
Créer sa propre carte : Comment créer sa carte avec Umap

 

Plus d’infos #CitizenTIC

Le Live twitt #CitizenTic
Les photos de la journée

Comment créer une carto grenobloise pour des personnes malvoyantes ?

Une cartographie pour les personnes malvoyantes ? Et pourquoi pas ! C’est la mission que s’est donnée l’équipe de recherche Tyrex-Inria Grenoble en travaillant sur une application cartographique auditive, réalisée à partir de fonds de carte OpenStreetMap.

L’objectif est de proposer aux personnes malvoyantes des parcours sécurisés pour faciliter leurs déplacements et augmenter leur autonomie. Pas besoin de GPS ou de connexion internet pour utiliser l’application puisqu’elle s’utilise en version téléchargée, via un smartphone, sans réseau.

Mathieu Razafimahazo, ingénieur expert de développement pour Tyrex-Inria s’est prêté à l’exercice du brainstorming organisé au cours de la journée CitizenTIC #2 pour entendre les idées de parcours, de lieux et de visites de l’agglomération grenobloise suggérés par les participants.

Et en termes d’idées, les idées sont là ! La preuve :

Transports / Déplacements
Gare de Grenoble
Arrêts de tram et bus
Aéroport St-Geoirs
Réseau autopartage
Plan des différents modèles de train / tram / bus

Quotidien / Pratique
Services publics (préfecture, mairies de l’agglo etc…)
Boutiques de téléphonie
Toilettes publiques
Laveries automatiques
Cimetières
Campus / Universités
Arboretum sur le campus de St Martin d’Hères
Distributeurs / banques accessibles aux personnes malvoyantes
Quartier St Bruno
Lieux de culte

Culture / Art
Appartement de Stendhal
Musée Dauphinois
Cinéma Le Club (audiodescription)
Bibliothèques municipales (carto des rayonnages)
La Bobine
CCSTI
Salles de concert

Tyrex-Inria-3

Gastronomie / Terroir
Crêperie de Célia
Auberge du Rhin
Auberge des Allières (Lans en Vercors)
Auberge de la Malaterre (Corrençon)
Fromagerie des Alpages
Fromagerie du Charmant Som
Caves de la Chartreuse à Voiron
Tacos

Loisirs extérieurs
Montée de la Bastille
Parcs / espaces verts, ex. Parc de Vizille
Les digues de l’Isère
La piscine Berriat
Parcours Vercors : Corrençon, Bois-Barbu, Les Ecouges
Parc Jean-Jacques Rousseau
Le Petit Désert
Fort St-Eynard
Caves de Sassenage
Grottes de Choranche
Barrage du Monteynard
Parc de l’île d’Amour
Parc du Bois-Français
Squats

Tyrex-Inria-1

Marchés / Shopping
Grand’Place
Supermarchés
Parcours des magasins bio de Grenoble
Parcours des marchés

Cartos temporaires / événementielles
Ex. Naturissima (classement des stands et des produits)

Parmi ces nombreuses suggestions, des questions ont été soulevées par les participants auxquelles l’équipe de Tyrex-Inria devra prêter attention :

  • La saisonnalité pour les parcours extérieurs
  • L’utilisation des noms / adresses personnelles (ex pour les cimetières)
  • les droits sur l’usage des plans intérieurs des bâtiments (ex. bibliothèques)
  • La validité des parcours, des données, malveillance…

Enfin d’autres suggestions ont complété la réflexion des participants :

  • Proposer la possibilité de donner des infos culturelles, historiques sur des lieux en complément de l’info géographique pure
  • Créer des séances d’annotations pour corriger les erreurs OSM

La plupart des participants se sont dits intéressés pour poursuivre le travail de développement de cette application aux côtés de l’équipe Tyrex-Inria. Une version bêta est prévue dans le courant de l’année et sera l’occasion de tests par des personnes voyantes et malvoyantes.

Si vous aussi, vous êtes intéressés par ce projet, contactez l’équipe de recherche.

La carte (idéale) de la culture de Grenoble , quelle info devrait-on y trouver ?

Dans le cadre de l’ouverture de la salle de concert La Belle Electrique, l’association Mixlab chargée de l’exploitation du lieu travaille à la mise en place d’un outil d’information sur le thème de la culture sur le territoire local.
L’outil a pour ambition de répondre aux besoins d’information culturelle de proximité de manière dynamique et contributive. Il veut aussi répondre à l’enjeu réel que constitue la culture et son rôle dans l’agglomération grenobloise en tant que « culture partagée », vécue et imaginée en commun !
Cet outil doit être utile aux habitants de l’agglomération grenobloise mais aussi aux professionnels de la culture, du secteur social et de l’éducation, aux élus et techniciens des collectivités, etc.

 

BrainstormCulture

 

En présence de Marie Angleys de l’association Mixlab, 25 personnes se sont prêtées à cet exercice de brainstorming créatif pour répondre à la question : Si on créé la carte (idéale) de la culture de Grenoble , quelle info devrait-on y trouver ? (Lieu, parcours, pratiques, publics, besoins, contribution)
Une belle expérience, riche en idées et propositions qui viendront enrichir ce projet….

 

Voici les propositions du groupe très inspiré, à étoffer si vous le souhaitez !
ajouter les critiques blog et presse
Culture hors des lieux culturels
notre le degrés d’intéractivité avec le public
carte des tendances «  les points chauds »
météo culturelle – et lien avec la météo actuelle
activités sportives (ateliers, cours de danse, musique)
Ne pas s’en tenir à la carte – créer un portail des lieux culturels
lien wikipedia
Commentaires
publics : enfants, baby friendly, accessibilités, fumoir, garderies,
horaires
prix
parcours thématique, patrimoine, électro…
Agenda
lieux institutionnels
lieux alternatifs

définition de la culture élargie, langue, gastronomie.

Lieux de savoir
Anecdotes meeting politiques
rendez-vous associatifs
architecture

culturel
bars
églises
vernissages
film
tiers lieux – repair café
lieux de tournage de scène
documentaires en lien avec le lieu
histoire du lieu
réalité augmenté – passé / présent / futur / témoignages du quartier

bon plan récup de tickets
diffusion libres d’événements
réseaux social – recommandation
playlists
AOC culture / made inloca

 

BrainstormCulture2

 

Des flash codes dans la rue vers la carte

Visites commentées culturelles
lieux naturels sympa appropriables
évènements type pique nique, flash mob
filtres social et solidaire
freeparty
photos, vidéos, son, bandes annonces,
webcam
photos des usages du lieu
filtre selon le mode d’expression (public, budget, participatif, social, solidaires)

carte qui ressemble aux pratiques culturelles cartographiée
point de départ des sorties culturelles
lieux de formation pour les pro de la culture
cartographier les savoirs faire (compétences, matériel)
déco urbaine
tag et fresque
appels à projets culturel et financement

quartier / rénovation (donner son avis sur les projets)
instances participatives
appels à participation
Calcul d’itinéraire culturel (proximité, affluence)
résultat de diagnostique (économie)
moyen de paiement (monnaie locale achat groupé..)
lieux appropriables – salle communes ou privatives
Alerte – temporalité de l’évènement, théâtre d’appartement
choisir ou hasard – Random culturel
lieu de pratique création pro et amateurs
géolocalisation – version mobile près de moi
itinéraire chaloupé – découverte
différents degré de diffusion du publique

lien avec les budgets alloués
outils d’aide à la décision
extraction papier par quartier
filtre par budget
acteur culture
lien réseau social
on va sortir – carte à plusieurs
covoiturage

 

Une carte 'idéale' du vélo à Grenoble? Que contiendrait-elle?

Le brainstorming « Carto-vélo » lancé à la suite de la table ronde et des ateliers a motivé une vingtaine de participants, des usagers de la bicyclette bien sur qui ont rassemblé leurs connaissances pratiques et leurs envies pour dessiner la liste des informations que devrait contenir une carte ‘idéale » du vélo à Grenoble :

  • tout sur les aménagements vélo et intermodaux
  • sur les routes et le trafic
  • sur les stationnements vélo
  • sur les services et informations vélo

Un exercice d’expertise participative pour un panorama qui pourrait bien prétendre à l’exhaustivité, mais à compléter si vous avez d’autres idées…

BSvelo1

  • Les aménagements cyclables : les pistes, bandes et bandes à contresens, zone30…
  • Les panneaux de signalisation des itinéraires vélo de la ville + les temps de parcours moyens
  • Les dysfonctionnements et difficultés rencontrés sur les aménagements cyclistes : travaux, trous, obstacles, chicanes, piquets, longement de murs, bornes antivéhicule
  • Les carrefours et ronds points aménagés à risque pour les cyclistes
  • Les difficultés de circulation avec une carriole : bornes, différence de niveau, trottoir
  • Les aménagements cyclables manquants : passerelle, discontinuité du réseau cyclable, de la signalétique
  • Les horaires, arrêts et conditions d’accès des vélos dans les TC + fréquentation en temps réel
  • Les accès des lieux publics et équipements (ex les gares) : escaliers, ascenseurs, rampes
  • Les zones de rencontres avec des animaux sauvages (canards, pigeons, rats…)
  • Proposer la continuité des panneaux de signalétiques d’itinéraires autres : voies vertes, randonnées vélo, parcours VTT… qui s’interrompent en ville
  • Proposer des distributeurs de gilets jaunes, capes de pluie
  • Proposer le dessin des « futurs » autoroutes à vélo, axes forts de circulation à privilégier à partir desquels pourraient s’organiser les futurs aménagements routiers
  • Les arceaux, racks, garages à vélo, abrités ou non
  • Les parkings vélo-tram
  • Etat du stationnement en temps réel
  • les vélos « ventouses » abandonnés
  • les lieux de vols et dégradations, vandalisme sur les vélos garés et attachés
  • le signalement des lieux des vélos volés (+ n°d’identité du fichier Fubicy)
  • Les dysfonctionnements et difficultés de la chaussée : trous, obstacles, rails de tram, de train, piquets et bornes, trous de formation (au dégel)
  • Les infrastructures complexes : gros échangeurs
  • L’état de l’éclairage urbain sur pistes et sur routes
  • Les feux tricolores et les « tourner à droite vélo », les réservoirs à vélo
  • Le sens de circulation des voitures
  • L’état du trafic route en temps réel (bouchons, manif…), les itinéraires bis
  • Les zones de travaux (nouvelle ligne de tram, goudronnage et gravillons, etc )
  • Les pannes de feu tricolore en temps réel
  • Les passages secrets*, les passages souterrains
  • Proposer des tuto vidéo de certains points noirs (webcam embarquée)
  • L’accidentologie : les lieux d’accidents graves et moins graves
  • Les côtes et reliefs (ponts et faux plats)
  • Les zones de verglas, de graviers, de verres brisés
  • Les zones ventées, la carte des vents
  • la météo
  • les rigoles saturées par temps de pluie (où le cycliste se fait arrosé par les voitures)
  • la qualité de l’air, la pollution, les pollens
  • les rues moins polluées
  • les rues arborées pour l’ombre l’été
  • Les services et informations vélo : vente, location, équipement, réparation, consignes, Métrovélo, parkings relais, stations de gonflage, ateliers-café, moniteurs cyclistes, associations et clubs cyclistes loisir, tourisme, sport, bornes de recharge pour les vélos électriques
  • les associations d’usagers et de sensibilisation
  • les vélo écoles
  • Les espaces propices pour apprendre aux enfants à faire du vélo
  • Les vélobus : convoi enfants ou adultes

 

… to be continued

BSvelo2

"OpenStreetMap c'est la liberté ! "

GMusquetDans cette Interview réalisée par le site Data Publica en septembre 2012, Gaël Musquet, président d’OpenStreetMap France, fait le bilan d’étape d’OpenStreetMap et fait le lien avec les questions d’Open Data.

Huit ans après la création du projet OpenStreetMap en Angleterre, Gaël Musquet, président d’OpenStreetMap France, revient sur la création, le développement et l’avenir du pionnier de la cartographie collaborative et libre sur le web.
Data Publica : Il y a un lien étroit entre l’open data et OpenStreetMap, est-ce que tu peux nous rappeler le déclencheur du projet ?

Gaël Musquet : Le déclencheur d’OpenStreetMap c’est justement qu’il n’y avait pas d’open data sur la donnée cartographique, en Angleterre. En 2004, Steve Coast, embarrassé par cette impossibilité de disposer librement de données cartographiques qui ont été produites par ses impôts, a décidé de créer le projet Open Street Map avec des étudiants et des amis. L’objectif était que là où l’Ordnance Survey, qui est un peu comme l’IGN chez nous et qui fonctionne de la même manière, ne pouvait pas fournir un accès libre à ses données aux citoyens, ceux-ci, quels qu’ils soient, pouvaient créer à partir de rien une carte de l’Angleterre d’abord, et ensuite du monde.

DP : L’idée au fond, c’est que ces données, si elles ne sont pas libérées par ceux qui les ont, le seront de toute façon par les citoyens eux-mêmes ?

GM : Tout à fait.

DP : Quelles ont été les grandes étapes du perfectionnement de la collecte des données pour les cartes OSM ?

GM: Les premières étapes, c’est déjà de construire une plateforme qui permette de recevoir les contributions et de les rendre graphiquement intelligibles et accessibles. Ensuite, et c’est la 1ère pierre angulaire d’OpenStreetMap, c’est le fait de pouvoir envoyer des traces GPS. Ces GPS permettent de récupérer des données ; il y a pour ça un super logiciel qui s’appelle GPS Babel, c’est un logiciel qui permet de convertir ces traces en un format libre, le format GPX. Le site d’OpenStreetMap permet de stocker ces traces GPX. C’est la 1ère étape : pouvoir partager et voir où on est passé et à partir de là tracer des routes. 2e étape : l’éditeur en ligne avec la création d’une API qui permet d’uploader, de télécharger, de modifier, de lire et d’écrire une base de données. Par la suite sont arrivés des éditeurs qui permettent d’éditer, de modifier cette base de données, et de là vient l’essor du projet : on a pu avoir un fond ou des photos aériennes, qui dans un premier temps étaient fournies par Yahoo, puis d’autres fournisseurs en temps de crise comme en Haïti. Aujourd’hui, Microsoft nous fournit une quantité importante de photos aériennes à travers Bingmaps qui nous met à disposition ses fonds cartographiques.

« OpenStreetMap est dans une période exponentielle »

DP : Donc le bilan depuis la fondation d’OSM en 2004 est… ?

GM : Très positif, de la demi-douzaine de contributeurs du début nous sommes rendus à 640 000 dont plus de 10 000 en France !

DP : Est-ce qu’il y a des statistiques sur l’usage d’OpenStreetMap ?

GM : C’est difficile à dire. Des statistiques doivent exister, mais je ne les ai pas en tête. Sur notre wiki, dans la rubrique serveur, le public a accès à toutes sortes de statistiques et de metrics, y compris la charge des serveurs, etc.

DP : Une des limites d’OpenStreetMap ne serait pas qu’il y a beaucoup d’utilisateurs, mais pas assez de contributions ?

GM : On a plus de contributeurs que d’utilisateurs réguliers, à mon avis, mais ce n’est peut être qu’une impression. Enfin, on a toujours besoin de contributeurs, il faut les renouveler ! Ils vieillissent, grandissent, se marient, font des enfants… Pour l’instant, nous sommes dans une période exponentielle. A chaque reportage, on a des pics de nouveaux contributeurs. C’est essentiellement l’information qu’il nous faudrait améliorer, avoir une dimension plus sociale, puisqu’en France on est assez « perso » derrière nos machines. On aimerait aller vers de la mapping party, vers de l’information systématique, et structurée.

DP : Ne reste-t-il pas des trous dans vos cartes ?

GM : Bien sûr ! En France et dans le monde, on a des niveaux de contribution qui sont différents et qui sont très souvent liés à la densité de population. Mais on a aussi des contre-exemples : en Corée du Nord, dans la bande de Gaza, ou à Tananarive à Madagascar. Dès que la donnée est disponible, il y a un effet buvard où les contributeurs se mettent à “miter” le territoire. Foursquare a fait un bilan, quelques mois après sa migration de Google Maps à OpenStreetMap, qui est plus que positif : des villes entières sont apparues au Brésil et dans le monde, parce que les contributeurs qui se sont inscrits à OSM souhaitaient voir leur ville apparaître sur cette nouvelle carte. On a des disparités territoriales, mais qui sont gommées généralement quand il y a une crise ; souvent, c’est le moment où d’un point de vue médiatique on fait attention à un territoire, en Haïti, par exemple.

Ci dessous la carte de Pyongyang (Corée du Nord) sur Google Maps :

Maintenant la carte du même lieu, d’échelle équivalente, sur OpenStreetMap :

DP : Pour revenir à la France, où est-ce que tu ferais des appels aux contributeurs ?

GM :  Avant tout en zone rurale, et en Outre mer. Mais ce que j’explique souvent aux élus, c‘est que dans ces territoires, il y a peu de choses à cartographier, et que l’on arrive très vite à être complet en termes de cartographie dès que l’on s’y met.

DP : Qui sont les contributeurs d’OpenStreetMap ?

GM : La population de nos contributeurs est extrêmement diverse. On a beaucoup de retraités qui ont du temps et qui sont passionnés de cartographie. Beaucoup d’étudiants également, dans tous les domaines, et pas seulement dans la cartographie. On retrouve des passionnés de généalogie (et des monuments aux morts), des personnes qui ont des spécialités, comme les pigeonniers, beaucoup de personnes qui s’intéressent aux transports, à la citoyenneté. De nombreux contributeurs sont issus des mouvements cyclistes, d’où la carte cyclable sur OSM qui rencontre beaucoup de succès. Et évidemment tous les libristes, quels qu’ils soient, et beaucoup de wikipédiens.

DP  : Emilie Laffray déclarait dans une interview sur Lemonde.fr qu’ »OpenStreetMap n’était pas concurrent de Google maps », pourtant on peut considérer que c’est le cas lorsque l’on voit Foursquare ou Laforêt abandonner Google maps pour OpenStreetMap ?

GM : Nous ne sommes pas des concurrents frontaux, dans le sens où nous ne produisons pas les mêmes services : on ne fait pas de Google Street View, on ne fournit pas de photos aériennes. Il y a une concurrence évidente sur la fourniture de données, sur certains types de réutilisation des données OSM. Donc oui, concurrents mais que sur une partie des munitions de Google qui par ailleurs finance régulièrement des évènements ou des infrastructures d’OpenStreetMap.

DP : Justement, quelles sont vos relations avec Google ?

GM : Nous avons été gentiment invités par Google Map Maker à une rencontre ouverte à la collaboration, pour voir comment il pourrait y avoir des bons procédés d’échanges de technologie entre nous.

DP : Et Microsoft ?

GM : Steve Coast travaille maintenant chez eux (depuis 2010) – c’est d’ailleurs la pierre angulaire de la fourniture des photos aériennes pour OSM. D’autres industriels ont adopté nos process, nos modèles : Mapquest, filiale d’AOL, qui  était leader de la cartographie web devant Google Maps il y a quelques années, utilise aujourd’hui totalement OpenStreetMap.

DP : OSM est-elle l’arme secrète de Microsoft contre Google ?

GM : Tout le monde voit un intérêt évident à utiliser OpenStreetMap, et on ne peut que s’en réjouir. Trop de Google Maps tue la carto, c’est pourquoi il est bien que l’on ait des alternatives libres. C’est sur ce créneau là qu’on se positionne. Nous sommes libres par rapport à Microsoft, Mapquest ou Google. Je suis certain que l’ensemble des innovations créées par OSM bénéficie à tout le monde. Des sociétés, même productrices de données,  nous aident, comme AND aux Pays Bas qui n’a pas hésité à donner l’ensemble de ses données filières de voirie à la communauté OSM des Pays Bas.

« OpenStreetMap, c’est un vivier de contributeurs, avec un besoin identifié sur une problématique territoriale, linguistique voire médicale »

DP : Quels avantages offre OSM,  par rapport à Google Maps ou Mappy ?

GM : La liberté ! OpenStreetMap ne se limite pas à un fond cartographique, c’est une base de données. Le fait que cette base de données soit exploitable librement donne toute possibilité à la réexploitation et l’application d’idées des développeurs. La liberté, c’est aussi la liberté d’écriture. Par exemple : l’internationalisation des cartes. Qu’un pays ou une ville ait la possibilité d’avoir une carte avec des données cartographiques dans plusieurs langues est un avantage dans la production de services à destination de toutes les populations. Dans toutes les langues, mais aussi dans tous les alphabets, jusqu’au braille. L’avantage d’OpenStreetMap c’est ça : c’est un vivier de contributeurs, avec un besoin identifié sur une problématique territoriale, linguistique voire médicale. Ainsi on nous a sollicités pour créer des cartes des bruits ou des odeurs afin que les personnes malvoyantes, non-voyantes ou handicapées puissent disposer de données cartographiques mobilisant d’autres sens que le toucher ou la vue.

DP : D’un point de vue institutionnel, y a-t-il des collaborations possibles avec l’IGN ?

GM : On a eu quelques contacts, mais pas officiels. Ce sont souvent des ingénieurs, des techniciens, des responsables régionaux ou départementaux. Quelques études, quelques comparaisons mais ça s’arrête là. Je profite de cette tribune pour les inviter de nouveau à nous rencontrer.

[A noter que, le mardi 18 septembre, Gaël Musquet participera au Data Tuesday spécial cartographie et géolocalisation co-organisé et hébergé par l’IGN : s’inscrire ICI]

DP : Il y a des résistances ?

GM : Il y a encore des résistances philosophiques sur ce qu’est la cartographie. Beaucoup de cartographes à l’IGN n’ont pas encore intégré le changement de paradigme introduit par le web : OpenStreetMap c’est de la carto par le web sur le web, et ça change tout. On les invite à nous rencontrer sans aucune aigreur, pour venir échanger de développement et de recherche.

DP : Est ce qu’avec Apple il y a des partenariats ?

GM : Ils réutilisent nos données donc on peut parler d’une forme de partenariat ! Au moins en lecture.

DP : Dans quel cadre ?

GM : iPhoto pour les applications.

DP : Est ce que vous avez des relations avec Tom Tom ?

GM : Tom Tom a récemment écrit un petit brûlot sur la communauté OpenStreetMap et le “danger” des cartes open source. Nous n’avons pas fait de réponse officielle. Néanmoins, la communauté, via des articles ou de blogs ont répondu de manière cinglante.

DP : Pourquoi ?

GM : Parce qu’on remet en cause leur modèle économique. J’adore cette maxime de Gandhi : “D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, puis ils vous combattent et enfin, vous gagnez”.

DP : Concernant votre licence,  vos données sont-elles librement réutilisables ou y a-t-il une obligation de redistribution à la communauté ?

GM : Licence ODBL, donc deux obligations : la paternité, et le partage à l’identique. Pour la paternité, il faut citer OpenStreetMap comme étant la source de la donnée. Partage à l’identique : si vous souhaitez réutiliser OpenStreetMap, libre à vous, il n’y a pas besoin de le déclarer. En revanche, si la base de données venait à être améliorée ou remixée avec les données propriétaires, verrouillées, il y a une notion de réciprocité qui oblige à reverser à la communauté OSM des données sous une licence ODBL ou une licence compatible avec elle. [Voir à ce propos la mise à disposition des données par Appartinfo]

« L’objectif c’est qu’OpenStreetMap devienne le pot commun de la cartographie »

DP : Finalement, comment vois-tu l’avenir pour OpenStreetMap ?

GM : L’objectif c’est que OpenStreetMap devienne le pot commun de la cartographie. On peut tout y mettre : les horaires de bus, les couleurs des lignes, etc. Deuxième objectif : avoir un panel de contributeurs plus large, et des contributeurs qui puissent se focaliser sur certaines tâches uniquement. L’information également : on a énormément de requêtes de collectivités et d’entreprises sur l’intégration, la distribution, l’extraction, la redistribution des données. En bref, l’objectif est qu’ OpenStreetMap devienne quelque chose d’automatique et de simple, comme le sont par exemple un tableur, un traitement de textes, que l’on vulgarise au maximum l’utilisation d’OpenStreetMap dans tous les domaines car aujourd’hui la cartographie devient un carrefour, un axe de présentation de la donnée.

DP : Si on se projette à long terme, est-ce qu’OSM n’est pas voué à se situer un cran au-dessus de Wikipedia, puisque toutes les données sont cartographiables ?

GM : Un cran au-dessus non, car nous avons une tâche qui est finalement assez limitée : la cartographie ; là où Wikipedia fait à mon sens beaucoup plus de choses : de l’open content, du Wiktionnary etc… Wikipedia c’est un projet qui brasse beaucoup plus de champs que le nôtre. Ce qui n’empêche pas que l’on puisse à terme avoir plus d’interlocuteurs que Wikipedia puisque l’on intervient dans tous les domaines de la vie courante. Navigation maritime, aérienne, ferroviaire, routière, gestion de crise, citoyenneté, etc. C’est un projet qui parle parfois plus aux élus et aux entreprises que Wikipedia, mais je pense pas qu’il y ait de supériorité. En revanche il y a un partenariat fort, un ADN commun qui est la création de contenu de manière collaborative et citoyenne.

DP : Si on revient aux origines de la création d’OpenStreetMap, c’était l’équivalent britannique de l’IGN qui bloquait les données. Tu ne crois pas que c’était un mal pour un bien, le nouveau modèle collaboratif dépasse t-il le précédent ?

GM : Je pense qu’il existe une complémentarité. On a toujours besoin d’un référentiel et je crois en l’action publique. L’Etat doit savoir ce qu’il a sur son territoire. Toutefois, sauf si ce sont des données à très haute valeur ajoutée sur des travaux géologiques ou sur un grand projet industriel, je crois les données doivent être libérées complètement. Aussi longtemps qu’il y aura des résistances de la part de la puissance publique, sur la livraison libre de données cartographiques mais aussi météorologiques ou d’autres données qui peuvent être acquises par crowdsourcing, on verra des projets comme OpenStreetMap prendre leur essor.

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 3.0 France.

Le petit chapeau introductif et la photo d’en tête (CC ArsenicPaca) ont été ajoutés par nos soins.

 

Se préparer à CitizenTic

Les supports des différents ateliers de la journée Citizen Tic

Vous vous êtes inscrit à la journée spéciale cartographie OpenStreetMap qui aura lieu vendredi 31 janvier ? Bonne idée ! Pour ne pas perdre une miette de cet événement et participer pleinement aux ateliers et brainstormings, quelques petits conseils de préparation !

Venez les batteries pleines

Pensez à recharger vos smartphones, tablettes et autres ordinateurs portables avant d’arriver ; il y aura évidemment quelques prises sur place mais en nombre limité. Pour éviter la panne en pleine séance de travail, mieux vaut donc avoir fait le plein.

A noter que le wifi sera disponible dans l’enceinte du Magasin,

Faites connaissance avec Openstreetmap

Prenez un peu d’avance en vous rendant sur le site http://openstreetmap.fr/. Cette première rencontre vous permettra de mieux comprendre les termes utilisés lors de la table-ronde d’ouverture, mais surtout d’être à l’aise tout au long de la journée.

Créez votre compte

Pour voir concrètement à quoi ressemblent les cartes participatives Openstreetmap et entrer dans cet environnement cartographique, créez votre compte! C’est simple, gratuit et rapide et c’est par ici : https://www.openstreetmap.org/user/new

Testez en avant-première

Vous voulez ajouter sur la carte, le café qui est au coin de votre rue ? Facile ! En faisant votre première contribution ! Par défaut, l’édition de données sur OpenStreetMap se fait via l’éditeur Potlatch 2. Cet éditeur est écrit en Flash et nécessite donc que le plugin Flash soit installé sur votre navigateur.

Limitez votre connexion, contribuez hors-ligne !

Pour faciliter vos contributions via votre ordinateur de bureau et surtout lors de la journée du 31 janvier, il est conseillé de télécharger l’éditeur JOSM : josm.openstreetmap.de . Cet éditeur « hors-ligne » vous permet ainsi de contribuer sans être connecté à Internet et est écrit en langage Java ; il faut donc vérifier que le module JRE soit installé sur votre ordinateur, ou bien le télécharger ici : http://www.java.com/fr/download.

Glossaire pour débuter

Nœud (node) : point ayant une latitude et une longitude. Un nœud peut représenter un point d’intérêt comme un arbre ou une boîte aux lettres, ou servir à situer un lieu comme une ville ou un village.

Ligne (way) : constitue un ensemble de points reliés les uns aux autres. Une ligne peut notamment représenter une route goudronnée ou un chemin.

Surface (area) : constitue une ligne dont le point de départ et d’arrivée se rejoignent. À la place du mot « surface », on peut parler de « forme » (shape) ou de « polygone », correspondant à un bâtiment, un terrain de sport, un lac ou une forêt.

Ressources à consulter

Pour bien débuter, le tutoriel d’utilisation Openstreetmap vous guide pas à pas :
http://fr.flossmanuals.net/openstreetmap/index

Le Pearltree de la précédente édition de CitizenTic
http://www.pearltrees.com/#/N-p=66484532&N-s=1_7044570&N-play=0&N-u=1_865790&N-fa=6460733&N-f=1_7044570

 

CitizenTic relance le jeu en 2014 !

Un an après la première édition sur les usages numériques, le thème de la cartographie participative sera à l’honneur pour une journée spéciale le 31 janvier prochain : Les cartes changent la donne !
Rendez-vous dès 8h30 au Cnac le Magasin à Grenoble pour apprendre, comprendre et se former aux usages d’OpenStreetMap et de la contribution citoyenne !

Nul besoin d’être un « geek » ou un expert du « crowdsourcing » pour participer  ! La journée est ouverte à tous les curieux actifs qui ont envie d’enrichir leur(s)  lieu(x) de vie par des données utiles et de les rendre visibles sur des cartes intéractives ! Facile et utile !

Inscription

9h - Mot d'introduction

Morad Bachir Cherif : Adjoint au Maire de Grenoble en charge de la culture scientifique, Vice-président de Grenoble Alpes Métropole en charge de l’économie sociale et solidaire

Scop la Péniche et Troquet Numérique : présentation du programme de la journée

 

9h30 : Table-ronde OpenStreetMap un bien commun local

bulk-gps

Les plateformes contributives comme OpenStreetMap permettent à tout un chacun d’alimenter des outils de connaissance partagés sur le territoire. En évoluant, ces usages citoyens développent une fiabilité qui en font de véritables bien communs, utilisés au quotidien par des citoyens comme des collectivités locales.

Intervenants :

  • Guillaume Allègre – OSM Grenoble : Présentation d’OpenStreetMap (OSM)
  • Frédérick Petit – responsable du Système d’information de la Station Mobile : pourquoi le choix d’OSM pour le calculateur d’itinéraire de la Station Mobile
  • Lionel Faure – chargé de mission vélo Grenoble Alpes Métropole : l’intérêt d’OSM pour une politique d’aménagement vélo
  • Michel Hébert – Témoignage d’un bénévole impliqué dans la communauté OSM
  • Conclusion d’Abderrahmane Djellal, adjoint au Maire de Grenoble en charge de l’économie, Vice-Président de Grenoble Alpes Métropole à l’aménagement numérique du territoire.